"Pour les amoureux de la langue française, voici une définition bien complète et fort juste. J'aime bien leur troisième alinéa: "Boisson préparée par infusion de ces feuilles dans l'eau frémissante (...)". Remplacez "frémissante" par "qui vient de frémir" et c'est parfait, même si cela sonne moins bien. Pas bête ce dico! Il en sait plus que tous les manipulateurs de thermomètre."
Ce qui devait arriver arriva: une lectrice de mon blog (que je n'ai jamais rencontré, mais dont j'ai pu lire de bons petits articles sur le thé) se trouva personnellement attaquée et le fit savoir en ces termes:
"Pourquoi tant de haine envers moi?
pourquoi commencer par quelquechose de joli pour fini par un coup de lame gratuit?"
D'autres ont ensuite emboité le pas et la soutiennent, notamment au nom de la liberté de boire son thé comme on l'aime. Sur ce point, je leur donne entièrement raison. Le plus important est de trouver (ou d'adapter) une (ou plusieurs) façons de faire le thé qui vous convienne le mieux. Si vous faites un meilleur thé avec un thermomètre que sans, continuez à l'utiliser!
Mais mon blog se situe dans une autre perspective: il essaie, entre autres, de faire découvrir les principes du gong fu cha chinois tel que Teaparker me l'a enseigné. Certains de ces principes sont assez uniques et révolutionnaires (température de l'eau proche de l'ébullition, pas de rinçage) et c'est pourquoi j'utilise un peu de provocation et d'humour, de temps à autre, pour souligner cette différence avec toutes les autres méthodes.
Voyons donc en détail pourquoi, d'après moi, le thermomètre n'a pas sa place dans le gong fu cha:
J'appartiens encore à cette génération pour laquelle un thermomètre est un instrument envahissant l'intimité personnelle et annonciateur de fièvres et autres refroidissements. On en fait des électroniques maintenant et on les mets dans les oreilles. Mais moi je continue à l'associer à une autre partie du corps qui produit des odeurs assez différentes de ce que je recherche dans le thé. (En langage politiquement incorrect on dirait: "le thermomètre me fait penser à de la merde!")
Les deux prochaines raisons sont moins 'personnelles':- La simplicité et le minimalisme sont des principes du vrai gong fu cha. Observez un agencement du matériel chez les Japonais et en verrez une illustration idéale. Pour entrer dans un état d'esprtit 'zen', il faut se débarrasser du superflu et ne garder que l'essentiel. Moins on fait de gestes et moins on voit d'objets modernes, mieux on peut se concentrer sur soi et sur le thé qu'on fait.
- Le principe même du thermomètre (comme celui de la balance pour mesurer les grammes de thé ou le chronomètre pour mesurer la durée de l'infusion) est contraire à l'esprit du gongfu cha. De quel gongfu, de quel savoir-faire faisons-nous preuve si notre technique d'infusion se résume à suivre à la lettre la recette donnée: tant de grammes à une température donnée pendant x secondes? Pour cela, on peut inventer des robots (me faire penser à déposer un brevet pour la première machine à gongfu cha!) Non, la maitrise du gongfu suppose que nous apprenions à écouter, à voir, à sentir le thé pour savoir comment le faire. Le faire sans aide extérieur, avec seulement ses cinq sens (et son expérience) permet et requiert cette concentration intérieure, cette sérénité si appréciée dans la pratique du thé chinois.
Utiliser un thermomètre est donc plus qu'une paresse sensorielle, c'est une barrière entre soi et le thé. Et aux amoureux du thé je répète volontiers les mots de Reagan à Berlin: "Tear down this wall!" (Faites tomber le mur!). Soyez un avec le thé!
Vous le voyez, je n'ai rien de personnel contre qui utilise un thermomètre. J'essaie juste de les convaincre (par provocation, persuasion, humour...) de laisser le thermomètre dans le tiroir et d'aviver leurs 5 sens lors de leurs prochaines infusions. Certes, au départ il y aura des ratés, mais le plaisir de réussir une bonne tasse en sera décuplé et c'est ainsi qu'ils progresseront sur la voie du thé. (Amen!)
Taken from http://teamasters.blogspot.com/
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